D- Les déséquilibres et les limites de la prospérité.

1- Une croissance inégalement partagée.

Tout d'abord, cette croissance est inégalement partagée à l'échelle planétaire. Tous les pays n'ont pas contribué à la croissance mondiale. La croissance du PNB mondial se résume à la croissance des 6 pays les plus riches qui sont les États-Unis, le Japon, l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l'Italie. A eux, ces pays constituent 2/3 du PNB mondial. Une partie du monde n'est donc pas concernée par cette la croissance des Trente Glorieuses. Et c'est d'ailleurs à partir de cette période que l'on commence à parler du Tiers-Monde. En effet, si on mesure la croissance connue par les pays à économie de marché en fonction de l'accroissement démographique on remarque que le PNB par habitant n'a que faiblement augmenté dans la plupart des pays africains, dans quelques pays d'Amérique Latine et d'Asie. De plus la prospérité des pays développés se fait au dépens des pays du Tiers-Monde puisque le cours des matières premières est resté très bas durant cette période. Les pays du Tiers-Monde sont maintenus dans une dépendance économique et subissent des changes très défavorables. Ensuite, des inégalités s'observent à l'échelle nationale. C'est la cas pour des régions rurales victime de la déprise ( départ des ruraux et des activités agricoles ) comme le Limousin en France, le Mezzogiorno italien. Et puis à l'intérieur des pays les plus riches, les Trente Glorieuses n'ont pas fait disparaître la pauvreté. Il n'y a certes peu de chômage mais il subsiste de la précarité et de nombreux emplois mal payés. En France, les bidonvilles seront présents jusqu'au début des années 70. Les inégalités sociales restent donc très importantes surtout pour les pays n'ayant pas installé d'État-providence comme aux États-unis.